Pierre Befve

Biographie | Filmographie

Je suis rentré à l’Ecole Louis Lumière en 1968 dans le but de faire des études qui m’amèneraient à travailler dans la musique en tant qu’ingénieur du son. J’avais alors une grande passion qui était de jouer de la guitare. Mon fantasme d’alors était de remplacer Brian Jones chez les Rolling Stones (ça n’a pas marché, Mick Taylor puis Ron Wood m’ont piqué la place…) Mais bon, je ne désespérais pas et après tout devenir ingénieur du son dans des studios de disques, c’était pas si mal. Une seule école à l’époque traitait du son, l’école nationale de cinéma et de photographie, qu’on appelait Vaugirard (en référence à son adresse, 85 rue de Vaugirard) et qui est devenue aujourd’hui l’École Nationale Louis Lumière. Et c’est là à la fin de ma première année, que j’ai eu une “révélation” sur un tournage où j’étais stagiaire au son (mon premier tournage il me semble) : j’ai vu pour la première fois un directeur de la photo au travail. J’étais totalement fasciné, je ne comprenais pas comment il pouvait prendre des décisions comme de placer des projecteurs à tel endroit, de mettre des volets ou des gélatines colorées, de décider de la position de la caméra. Je me disais « mais comment il fait ? ». Après avoir eu mon diplôme dans la section son, j’ai eu l’opportunité de suivre de nouveau le cursus des études à l’école, mais cette fois dans la section image. Et j’ai pu commencer à comprendre ce grand mystère…

Après avoir eu le diplôme dans la section image, il a bien fallu que je travaille et le principe d’antériorité a fait que c’était plus facile de faire du son que de l’image. J’ai commencé donc une carrière d’ingénieur du son dans le cinéma, qui ne s’est pas trop mal passée d’ailleurs. Entre 1972 et 2000, une soixantaine de long-métrages, notamment La Guerre des Polices de Robin Davis, Les Mots pour le Dire de José Pinheiro, 37°2 le Matin, Roselyne et les Lions, IP5 et Mortel Transfert de Jean-Jacques Beineix ; Le Grand Bleu et Nikita de Luc Besson, Le Voyage du Capitaine Fracasse d’Ettore Scola, Grosse Fatigue de Michel Blanc, Un, Deux, Trois, Soleil et Les Acteurs de Bertrand Blier, Le Nouveau Monde d’Alain Corneau… En 1989, j’ai obtenu le César du meilleur son pour Le Grand Bleu et j’ai été nominé, en 1991, dans la même catégorie pour Nikita.

Tout ça m’a permis d’observer le travail d’un grand nombre de directeurs de la photo, et non des moindres, et petit à petit de comprendre « comment ils font ? ».
Et ainsi dès 1984, j’ai sauté dans le grand bain et j’ai commencé mes premiers tournages en tant que directeur de la photographie pour des documentaires et pour une trentaine de court-métrages (Émilie Muller, La Part d’Ombre d’Yvon Marciano, Les Nouvelles de la Tour L de Samuel Benchétrit, Microman, Bob de Rémy Boudet, La Pêche aux Maquereaux, Ceci n’est pas une Pomme d’Olivier Saladin, Les Inévitables, Naturellement de Christophe Le Masne…)

D’autre part, la musique faisait toujours partie de mes préoccupations. Et j’ai eu pendant les années 80, associé à un musicien (Norbert Aboudarham), un petit studio 8 pistes qui m’a permis de concrétiser mon rêve d’adolescent.

Au point où j’en étais, j’étais titillé aussi par l’envie de réaliser… Un premier court-métrage en 1985 (Break), un documentaire de 52 minutes en 1986 sur le Blues à Chicago (Sweet Home Chicago), et deux autres en coréalisation avec Norbert Aboudarham sur le jazz manouche (Nuages en 1991) et sur l’accordéon (Un Autre Accordéon en 1993), un autre court-métrage (Heure Sup’) diffusé en première partie de Nikita.

On pourrait se dire « bon à tout, bon à rien », alors j’ai réduit la voilure. Depuis 2000, je ne fait plus de son et je me consacre essentiellement à la prise de vue sur des documentaires (La Sonate de Vinteuil de Maurice Rabinovitch, Les Gaulois, au delà du Mythe de Jean Jacques Beineix), mais aussi sur des long-métrages (Vivre ! d’Yvon Marciano) et des téléfilms de fiction (Le Pont de l’Aigle, La Clef des Champs de Bertrand van Effenterre, des court-métrages de la série Urban Myth Chillers, quatre épisodes de la série Sœur Thérèse.com…) Et aussi des réalisations, surtout des films de commande, notamment pour « la Cité des Sciences », des captations de spectacles…

Et de 2003 à 2016, j’ai encadré l’enseignement des techniques de prise de vue et de prise de son à l’ESEC (École Supérieure d’Études Cinématographiques).

Au fait, je joue toujours de la guitare, mais je ne rêve plus de faire partie des Rolling Stones…